Le marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL) devrait rester fortement sous pression au cours des deux prochaines années. Dans son rapport trimestriel publié vendredi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) alerte sur les conséquences durables de la guerre au Moyen-Orient, qui perturbent à la fois la production et les flux d’approvisionnement internationaux.
Selon l’institution basée à Paris, les dommages subis par les infrastructures de liquéfaction de gaz devraient retarder d’au moins deux ans les effets attendus de l’expansion de la production mondiale de GNL. Même si de nouveaux projets sont appelés à compenser progressivement ces pertes, l’AIE estime que le marché restera « tendu » en 2026 et 2027.
L’agence anticipe ainsi une perte cumulée d’environ 120 milliards de mètres cubes de GNL entre 2026 et 2030, en raison de la combinaison entre les pertes d’approvisionnement à court terme et le ralentissement de la croissance des capacités de production.
Le rapport met également en lumière le rôle central du détroit d’Ormuz dans l’équilibre énergétique mondial. En mars, le conflit a entraîné une fermeture de facto de ce passage stratégique aux cargaisons de GNL, provoquant un choc immédiat sur le marché. À mesure que les perturbations se sont propagées aux chaînes logistiques internationales, les livraisons mondiales ont commencé à reculer, avec une baisse encore plus marquée observée en avril.
Face à cette situation, l’AIE insiste sur la nécessité de renforcer la sécurité de l’approvisionnement mondial en GNL à travers des investissements continus sur l’ensemble de la chaîne de valeur, mais aussi grâce à une coopération internationale plus étroite entre pays producteurs et importateurs.
L’agence souligne également l’intérêt pour les importateurs de disposer d’un portefeuille diversifié de contrats à long terme, un levier jugé essentiel pour limiter la volatilité des prix et mieux absorber les chocs géopolitiques dans un marché devenu particulièrement instable.


